CICo 2026 : le crédit d'impôt qui peut financer jusqu'à 50 % de tes projets de recherche collaborative
- BTD Consulting

- 20 juil.
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Dernière mise à jour : 27 juil.

Tu montes un partenariat de R&D avec une université, un CNRS, une école d'ingénieurs ou tout autre organisme de recherche, et tu penses que la facture va uniquement peser sur ta trésorerie ? C'est une erreur que font encore beaucoup de dirigeants et de responsables innovation. Il existe un dispositif fiscal, souvent éclipsé par son grand frère le CIR, capable de te rembourser jusqu'à la moitié de ces dépenses de recherche externalisée. Il s'appelle le CICo, le crédit d'impôt en faveur de la recherche collaborative, et il vient d'être prolongé jusqu'en 2028. Si tu travailles avec un organisme public ou assimilé sans connaître ce mécanisme, tu laisses probablement de l'argent sur la table. On t'explique tout, sans jargon inutile.
Le CICo, un crédit d'impôt encore trop méconnu des entreprises innovantes
Le crédit d'impôt en faveur de la recherche collaborative a été créé par la loi de finances pour 2022, puis codifié à l'article 244 quater B bis du code général des impôts. Son objectif est simple : encourager les entreprises, et en particulier les PME et les jeunes pousses, à financer des travaux de recherche menés par des organismes de recherche et de diffusion des connaissances, que l'administration désigne sous l'acronyme ORDC.
Ce dispositif est né d'un ajustement technique du crédit d'impôt recherche classique. Lorsque le législateur a exclu de l'assiette du CIR les dépenses de recherche confiées à des organismes publics, afin d'éviter un cumul d'avantages fiscaux, il a fallu créer un mécanisme autonome pour ne pas décourager les collaborations public-privé. C'est exactement le rôle que joue le CICo aujourd'hui, comme le rappelle le portail LégiFiscal dans son analyse de la loi de finances 2026, qui confirme la prorogation du dispositif jusqu'au 31 décembre 2028 pour tout contrat de collaboration conclu avant cette date (LégiFiscal).
Concrètement, si ton entreprise finance une partie des travaux de recherche facturés par un laboratoire universitaire, un institut Carnot ou tout autre organisme agréé, tu peux récupérer sous forme de crédit d'impôt entre 40 % et 50 % du montant hors taxes de ces factures. C'est un vrai levier de financement de l'innovation, distinct du CIR, et qui se cumule avec lui sous certaines conditions que l'on détaille plus bas.
Qui peut bénéficier du CICo : conditions d'éligibilité pour l'entreprise et pour le partenaire de recherche
Le CICo s'adresse aux entreprises industrielles, commerciales ou agricoles, soumises à l'impôt sur les sociétés ou à l'impôt sur le revenu selon leur régime réel d'imposition. Certaines entreprises exonérées d'impôt, notamment celles implantées dans des zones spécifiques comme les zones franches urbaines ou les bassins d'emploi à redynamiser, peuvent également y prétendre, comme le précise la fiche officielle publiée sur le site Entreprendre.Service-Public.fr (Service Public).
Pour ouvrir droit au crédit d'impôt, l'entreprise doit avoir signé un contrat de collaboration de recherche avec un ou plusieurs ORDC, entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2028. Ce contrat n'est pas une simple prestation de service. L'administration fiscale, dans sa doctrine publiée au BOFiP, exige une véritable collaboration effective, c'est-à-dire une participation active des deux parties, un partage des risques et des résultats, ainsi qu'un objectif de recherche commun défini avant le lancement des travaux (BOFiP). Les prestations purement commerciales, où l'organisme se contente de facturer une mission sans partage de risque scientifique, sont explicitement exclues du dispositif.
Autre condition souvent négligée par les entreprises : l'ORDC partenaire doit être titulaire d'un agrément spécifique au CICo, distinct de l'agrément CIR. Bpifrance Création rappelle que le contrat doit être conclu avant le démarrage des travaux, prévoir une facturation au coût de revient, fixer l'objectif commun poursuivi et détailler la répartition des travaux entre les parties (Bpifrance Création). Avant de signer quoi que ce soit, vérifie donc que ton futur partenaire dispose bien de cet agrément CICo en cours de validité, sans quoi les factures correspondantes seront purement et simplement écartées du calcul du crédit d'impôt.
Comment se calcule le CICo : taux, assiette et plafond de 6 millions d'euros
Le taux du CICo dépend directement de la taille de ton entreprise, au sens de la réglementation européenne des aides d'État. Une PME au sens communautaire, c'est-à-dire une structure de moins de 250 salariés dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 50 millions d'euros ou dont le bilan est inférieur à 43 millions d'euros, bénéficie d'un taux de 50 % sur ses dépenses éligibles. Les entreprises de taille intermédiaire et les grandes entreprises, elles, sont plafonnées à un taux de 40 %. Ces taux, confirmés par la loi de finances pour 2026, restent inchangés jusqu'à l'échéance du dispositif, comme le confirme le cabinet F.Initiatives dans sa présentation actualisée du mécanisme (F.Initiatives).
L'assiette du crédit d'impôt correspond aux dépenses facturées par l'ORDC au coût de revient, dans le cadre du contrat de collaboration. Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche précise qu'il n'existe aucune différenciation de taux selon la nature des travaux, qu'il s'agisse de recherche fondamentale, de recherche appliquée ou de développement expérimental (enseignementsup-recherche.gouv.fr). Ce montant est en revanche plafonné à 6 millions d'euros de dépenses déclarées par an et par entreprise, plafond calculé sur les factures émises au cours de l'année civile, indépendamment de la date de clôture de l'exercice comptable de ta société.
Un point technique mérite ton attention : si le projet de recherche bénéficie par ailleurs d'une aide publique, cette dernière doit être déduite de l'assiette au prorata de sa quote-part de financement du projet. Autrement dit, plus ton projet est déjà subventionné, plus la base de calcul du CICo se réduit proportionnellement. Il est donc essentiel d'anticiper cet effet de vases communicants dès la construction du plan de financement de ton projet de R&D, pour ne pas être surpris au moment de la déclaration.
CICo et CIR : deux dispositifs complémentaires à ne pas confondre
Beaucoup de dirigeants confondent encore le CICo avec le crédit d'impôt recherche traditionnel, ou pensent qu'il s'agit d'une simple variante. Ce n'est pas le cas. Le CIR couvre tes dépenses de recherche internes, comme les salaires de tes chercheurs, les amortissements de ton matériel scientifique ou une partie de tes dépenses sous-traitées à des prestataires privés, à un taux de 30 % jusqu'à 100 millions d'euros de dépenses. Le CICo, lui, cible exclusivement les dépenses externalisées auprès d'un organisme public ou assimilé, dans une logique de partenariat structuré et non de simple achat de prestation.
Ces deux crédits d'impôt peuvent tout à fait se cumuler pour un même projet de recherche, à condition que les dépenses concernées soient clairement distinctes et rattachées à leur dispositif respectif. Il existe cependant une interaction à surveiller de près : les dépenses prises en compte au titre du CIR et du CICo entrent conjointement dans le calcul de certains seuils réglementaires, notamment celui des 15 % de dépenses de R&D requis pour conserver le statut de jeune entreprise innovante, ainsi que dans l'appréciation du plafond global de 100 millions d'euros applicable au CIR. Une entreprise qui gère mal cette articulation peut donc, sans le vouloir, fragiliser son statut JEI ou son taux de CIR sur le reste de son année fiscale.
Comment déclarer le CICo : formulaires, délais et bonnes pratiques administratives
La déclaration du CICo suit un calendrier calé sur l'année civile, et non sur l'exercice comptable de ton entreprise. Le crédit d'impôt est calculé sur les factures émises par l'ORDC entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année considérée. Si ta société clôture son exercice en cours d'année, par exemple au 30 juin, le crédit d'impôt sera calculé sur les dépenses facturées au titre de la dernière année civile écoulée, et non sur celles de ton exercice comptable proprement dit, précise Bpifrance Création.
Sur le plan formel, la démarche dépend du régime d'imposition de ton entreprise. Si tu es soumis à l'impôt sur les sociétés, tu dois déposer auprès du service des impôts des entreprises dont tu dépends la déclaration n° 2069-A-SD, qui sert également de support au CIR, accompagnée du relevé de solde n° 2572 relatif à l'impôt sur les sociétés. Dans un groupe fiscalement intégré, c'est la société mère qui centralise et dépose ces documents pour le compte de chaque filiale concernée. Si ton entreprise relève de l'impôt sur le revenu, la même déclaration n° 2069-A-SD doit être jointe à ta déclaration de résultat, qu'elle relève du régime BIC ou du régime BNC.
En cas d'excédent de crédit d'impôt non imputé sur l'impôt dû, cet excédent ne se perd pas : il fait naître une créance sur l'État d'un montant équivalent, mobilisable ou remboursable selon les règles habituelles applicables aux crédits d'impôt recherche.
Simulation chiffrée : ce que le CICo peut représenter concrètement pour une PME
Prenons un cas volontairement simple pour visualiser l'impact réel du dispositif. Une PME industrielle signe un contrat de collaboration avec un laboratoire universitaire agréé pour développer un nouveau procédé. Sur l'année civile, l'ORDC lui facture 4,2 millions d'euros de travaux de recherche, sans aide publique associée à ce projet. Comme il s'agit d'une PME au sens communautaire, le taux applicable est de 50 %. Le crédit d'impôt obtenu s'élève donc à 2,1 millions d'euros, directement imputables sur l'impôt sur les sociétés dû par l'entreprise, ou remboursables sous forme de créance si l'imputation n'est pas possible.
Si cette même entreprise avait été une ETI facturée pour le même montant, le taux de 40 % aurait ramené le crédit d'impôt à 1,68 million d'euros. Et si les dépenses éligibles avaient dépassé le plafond de 6 millions d'euros, la part excédentaire n'aurait ouvert droit à aucun crédit CICo, mais aurait pu, sous certaines conditions, être réintégrée dans l'assiette du CIR classique. Ce mécanisme de bascule mérite d'être anticipé avec ton expert-comptable ou ton conseil fiscal dès la phase de budgétisation du projet, pour arbitrer intelligemment entre les deux dispositifs.
Les pièges les plus fréquents qui font perdre le bénéfice du CICo
La première erreur, et la plus coûteuse, consiste à signer un contrat de collaboration avec un organisme qui n'est pas titulaire de l'agrément CICo en cours de validité. Sans cet agrément spécifique, les factures correspondantes sont automatiquement exclues du calcul, quel que soit le sérieux scientifique du partenariat. La deuxième erreur porte sur la nature juridique du contrat : un simple bon de commande ou une prestation de service classique, sans répartition des risques ni des résultats entre les parties, ne suffit pas à caractériser une collaboration effective au sens fiscal du terme.
La troisième erreur, plus insidieuse, concerne l'oubli de déduction des aides publiques perçues sur le projet. Une entreprise qui ne retraite pas correctement l'assiette du CICo au prorata des subventions déjà obtenues s'expose à un redressement lors d'un contrôle fiscal, avec les intérêts de retard associés. Enfin, beaucoup d'entreprises attendent la clôture de leur exercice comptable pour s'intéresser au CICo, alors que le calcul se fait sur l'année civile : mieux vaut suivre tes factures ORDC au fil de l'eau plutôt que de tout reconstituer a posteriori, au risque d'omettre des justificatifs essentiels en cas de contrôle.
En résumé
Le CICo est un crédit d'impôt qui vient compenser l'exclusion des dépenses de recherche publique de l'assiette du CIR, et qui permet à une entreprise de récupérer entre 40 % et 50 % des factures émises par un organisme de recherche agréé, dans la limite de 6 millions d'euros de dépenses par an. Il s'adresse à toute entreprise, quelle que soit sa taille, ayant signé un contrat de collaboration effective avec un ORDC agréé entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2028, ce dernier délai ayant été confirmé par la loi de finances pour 2026. Le taux dépend de la taille de l'entreprise au sens européen, l'assiette doit être réduite au prorata des aides publiques déjà perçues sur le projet, et le calcul s'effectue par année civile, indépendamment de la date de clôture comptable. Le CICo se cumule avec le CIR classique, sous réserve de bien distinguer les dépenses internes des dépenses externalisées, et la déclaration se fait via le formulaire n° 2069-A-SD, joint soit au relevé de solde d'IS, soit à la déclaration de résultat pour les entreprises à l'IR. Pour sécuriser le bénéfice du dispositif, l'essentiel est de vérifier l'agrément CICo de ton partenaire avant la signature du contrat, de formaliser une véritable collaboration de recherche, et de suivre tes dépenses au fil de l'eau plutôt qu'en fin d'exercice.
Sources :
LégiFiscal, prorogation du CICo par la loi de finances 2026
Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, fiche CICo
Entreprendre.Service-Public.fr, fiche officielle CICo
Bpifrance Création, encyclopédie des aides à l'innovation
BOFiP, doctrine fiscale sur le crédit d'impôt recherche collaborative
F.Initiatives, présentation du dispositif CICo
Cet article a une visée informative et ne remplace pas l'avis d'un expert-comptable ou d'un conseil fiscal, notamment pour l'analyse du contrat de collaboration et le calcul précis de l'assiette éligible.





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