Appels à projets 2026 : retours d'expérience & meilleures pratiques pour devenir lauréat (focus i-Lab)

 

Tu as une idée qui déchire. Une technologie qui pourrait changer les règles du jeu dans ton secteur. Un prototype qui tourne, une preuve de concept solide, et l'envie viscérale d'en faire une vraie entreprise. Pourtant, quand tu regardes le formulaire de candidature d'un appel à projets comme i-Lab, tu te retrouves face à une page blanche et une question qui revient en boucle : "par où est-ce que je commence ?"

Tu n'es pas seul. Chaque année, des centaines de porteurs de projets brillants s'élancent dans la course aux financements publics avec un projet solide... mais un dossier mal construit. Et c'est souvent là que tout se joue. En 2024, i-Lab a sélectionné 79 lauréats parmi environ 400 candidatures. Autrement dit, 3 dossiers sur 4 ne passent pas le cut non pas forcément parce que les projets sont mauvais, mais parce que la façon de les présenter ne répond pas aux attentes précises du jury.

Ce blog est là pour changer ça. Il ne se contente pas de te lister les critères officiels que tu peux lire sur le site de Bpifrance. Il t'explique ce qui se passe vraiment derrière le processus, ce que les lauréats ont fait différemment, ce que les experts conseillent après des années d'accompagnement, et comment tu peux structurer ta démarche pour mettre toutes les chances de ton côté que tu vises i-Lab 2026 ou n'importe quel autre appel à projets du plan France 2030.
 

Comprendre le paysage des appels à projets en France : i-Lab et l'écosystème France 2030

Avant de parler de stratégie, il faut comprendre dans quel écosystème tu évolues. En France, le financement public de l'innovation ne se résume pas à un seul guichet : c'est un véritable continuum de dispositifs pensés pour accompagner les projets à chaque stade de maturité, du laboratoire jusqu'à l'industrialisation.

France 2030 : 54 milliards d'euros pour transformer l'économie française

Lancé par le Président de la République en octobre 2021, le plan France 2030 représente l'ambition la plus large jamais engagée par l'État français pour soutenir l'innovation. Avec 54 milliards d'euros déployés sur cinq ans, ce plan cherche à transformer durablement les filières stratégiques, énergie, automobile, aéronautique, santé, numérique, agriculture en positionnant la France non pas comme un simple acteur, mais comme un leader technologique mondial.

Ce plan est piloté par le Secrétariat général pour l'investissement (SGPI) et mis en œuvre par plusieurs opérateurs : Bpifrance, l'ADEME, l'ANR (Agence nationale de la Recherche) et la Caisse des Dépôts. Chacun de ces acteurs publie des appels à projets (AAP) et des appels à manifestation d'intérêt (AMI) ciblant des profils et des stades de développement spécifiques. France 2030 affiche deux objectifs transversaux ambitieux : consacrer 50 % de ses dépenses à la décarbonation de l'économie, et réserver 50 % aux acteurs émergents porteurs d'innovations sans effets négatifs sur l'environnement.

Source : info.gouv.fr / France 2030 ; enseignementsup-recherche.gouv.fr

Le continuum i-PhD → i-Lab → i-Démo → i-Nov : une logique de progression

Ce qui est remarquable dans la conception des concours d'innovation de l'État, c'est leur logique de continuum. Chaque dispositif correspond à un niveau de maturité technologique et entrepreneuriale différent, et ils s'emboîtent les uns dans les autres pour ne laisser aucun porteur de projet sans solution.

i-PhD s'adresse aux doctorants et jeunes docteurs (soutenance jusqu'à 5 ans) qui souhaitent créer une startup deeptech à partir de leurs travaux de recherche. Ce n'est pas un financement direct mais un programme d'accompagnement d'un an incluant des sessions de coaching mensuelles, des formations à l'entrepreneuriat et des Learning Expeditions au sein de l'écosystème deeptech français. Les candidatures pour la 6e édition sont ouvertes jusqu'au 30 avril 2026.

i-Lab représente l'étape suivante : c'est le concours phare pour les porteurs de projets deeptech qui ont déjà une preuve de concept établie et qui souhaitent créer ou accélérer une entreprise de moins de deux ans. Il finance jusqu'à 600 000 € de dépenses R&D sous forme de subvention directe. Sa 28e édition vient de se clore (dépôt au 3 février 2026) et les résultats sont attendus dans les prochains mois.

i-Démo prend le relais pour les projets plus matures qui ont besoin de financer une démonstration industrielle à grande échelle. Les projets soutenus dépassent généralement 2 à 4 millions d'euros de dépenses, avec une aide mixte combinant subvention et avance remboursable. La prochaine date limite pour i-Démo 2026 est fixée au 9 septembre 2026.

i-Nov cible quant à lui les startups et PME portant des projets d'innovation à fort potentiel économique dans quatre thématiques principales : numérique, santé, transports et mobilités durables, énergies et ressources. Il cofinance des projets de R&D entre 1 et 5 millions d'euros de dépenses totales.

Comprendre ce continuum, c'est comprendre que chaque appel à projets a une cible précise. Te positionner dans le bon dispositif au bon moment n'est pas anodin : un dossier i-Lab déposé alors que ton projet n'a pas encore de preuve de concept établie sera rejeté à l'éligibilité, peu importe sa qualité narrative.

i-Lab 2026 en détail : ce que tu dois vraiment savoir avant de te lancer

i-Lab est sans conteste l'un des dispositifs de financement les plus puissants et les plus reconnus pour les projets deeptech français. Depuis sa création en 1999 par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, il a accompagné plus de 4 000 lauréats et s'est imposé comme une marque de crédibilité incontournable dans l'écosystème. En 2026, sa 28e édition s'inscrit pleinement dans le plan France 2030 et est opérée par Bpifrance.

Qui peut candidater à i-Lab ?

Les conditions d'éligibilité sont précises et ne laissent pas de place à l'ambiguïté. Peuvent participer toutes les personnes physiques ayant créé leur entreprise depuis moins de deux ans, ou celles qui ont pour projet de créer une entreprise de technologies innovantes sur le territoire français. Aucune restriction de nationalité ou de statut professionnel n'est imposée, tant que les conditions légales de création d'entreprise en France sont respectées.

Pour les entreprises déjà créées, la date d'immatriculation au RCS doit être postérieure au 1er décembre 2023. Si le projet a bénéficié d'une Bourse French Tech Émergence ou d'un prix Pépite, la date d'immatriculation doit être postérieure au 31 décembre 2022. Les projets d'essaimage ou d'externalisation sont également éligibles, à condition que la participation de l'entreprise d'origine au capital de la nouvelle structure reste inférieure à 25 %. Enfin, les anciens lauréats peuvent concourir à nouveau en présentant un projet entièrement nouveau.

Quel financement et quelles dépenses sont couvertes ?

Le financement i-Lab prend la forme d'une subvention directe d'un montant maximum de 600 000 €, pour un plafond de dépenses éligibles de 1 million d'euros soit une intensité d'aide de 60 %. Il est important de noter que dans la pratique, les montants accordés se situent plutôt entre 200 000 € et 300 000 € selon les retours d'experts en accompagnement. Le contrat avec Bpifrance est établi pour une durée maximale de 3 ans.

Les dépenses éligibles couvrent un spectre large : personnel directement lié au programme R&D, frais de fonctionnement, équipements (dans la limite de leur valeur amortissable), études de marché liées à l'innovation, études de faisabilité, prospection de partenaires, expérimentation, développement de prototypes, prestations de conseil et d'accompagnement, ainsi que les démarches de propriété intellectuelle. Seules les dépenses réalisées après le dépôt du dossier (soit à partir du 4 février 2026 pour cette édition) seront prises en compte.

Sources : bpifrance.fr/nos-appels-a-projets-concours/concours-dinnovation-i-lab ; les-aides.fr ; finalli.com

Comment se déroule le processus de sélection ?

Le processus de sélection d'i-Lab est rigoureux et se déroule en plusieurs étapes successives. Dans un premier temps, Bpifrance et les Secrétariats Techniques Régionaux (STR) réalisent une première analyse d'éligibilité de tous les dossiers déposés. Les dossiers éligibles sont ensuite transmis à des experts thématiques pour une évaluation approfondie selon les dimensions humaine, technologique, juridique, propriété intellectuelle, commerciale, financière, et désormais environnementale et sociétale. Enfin, les projets retenus sont présentés devant un jury final qui délibère pour désigner les lauréats et attribuer les Grands Prix lors d'une cérémonie nationale.

L'évaluation s'appuie donc sur une grille multicritère. Les principales dimensions analysées sont : le caractère innovant de la technologie et la preuve de concept établie, la viabilité économique et le potentiel de croissance, la maîtrise de la propriété intellectuelle, la motivation et les compétences entrepreneuriales du candidat, la qualité et la complémentarité de l'équipe, ainsi que les impacts environnementaux et sociétaux du projet.

Un point souvent sous-estimé : le lien avec les laboratoires académiques n'est plus un critère explicite dans le cahier des charges depuis quelques éditions, mais il reste un bonus significatif dans l'évaluation. Les jurys valorisent les projets qui s'inscrivent dans une logique de transfert de technologies.


Ce que les lauréats font différemment : retours d'expérience concrets

Les retours d'expérience des lauréats et des structures d'accompagnement qui les ont aidés convergent vers un ensemble de bonnes pratiques qui font souvent la différence entre un dossier retenu et un dossier recalé. Ces enseignements méritent d'être partagés sans détour.

Anticiper, anticiper, anticiper

La première erreur et de loin la plus répandue c'est de commencer à préparer son dossier trop tard. Les candidats qui deviennent lauréats commencent généralement leur préparation plusieurs mois avant la date de clôture. Les accompagnateurs d'Unitec, incubateur bordelais qui accompagne chaque année des porteurs d'i-Lab, expliquent qu'ils identifient tôt dans leur programme les projets qui ont le potentiel pour devenir lauréats, et mettent en place un planning spécifique avec les porteurs pour anticiper la candidature.

Cette anticipation n'est pas anecdotique. Elle te permet de structurer tes arguments technologiques avec suffisamment de recul, de consolider tes preuves de maturité (publications, données expérimentales, résultats de tests), de travailler ta stratégie de propriété intellectuelle avant le dépôt, et de faire relire ton dossier par plusieurs profils complémentaires, un expert technique, un expert business, et idéalement quelqu'un qui connaît les codes des jurys de concours d'innovation. Comme le souligne un guide spécialisé sur i-Lab 2026, les lauréats sont rarement ceux qui ont bâclé leur candidature à la dernière minute.

Sources : unitec.fr ; btdconsulting.fr/concours-i-lab-2026

Construire un dossier cohérent sur tous les axes

Un dossier i-Lab gagnant n'est pas simplement un excellent exposé technologique. C'est un dossier qui démontre simultanément la maîtrise de cinq dimensions interdépendantes. La première est la dimension technologique : tu dois y démontrer non seulement que ta technologie est innovante, mais aussi que la preuve de concept est établie, que tu maîtrises l'état de l'art, et que ton approche se différencie clairement de l'existant. La deuxième est la dimension commerciale : le jury veut voir que tu comprends ton marché, que tu as identifié des clients potentiels réels, et que ton modèle économique est réaliste. La troisième est la dimension financière : ton budget doit être cohérent avec tes ambitions et tes ressources, et tes prévisions financières doivent être crédibles. La quatrième est la dimension propriété intellectuelle : as-tu déjà protégé tes innovations ? Quelle est ta liberté d'exploitation ? La cinquième, désormais incontournable, est la dimension impact ESG : les critères de durabilité environnementale et d'impact sociétal doivent être intégrés dans la conception même du projet.

Un dossier techniquement brillant mais commercialement vague sera pénalisé. De même, un beau business plan sans substance technologique ne convaincra pas un jury d'experts. C'est l'équilibre et la cohérence d'ensemble qui font la différence.

Soigner la stratégie de propriété intellectuelle

La propriété intellectuelle est l'un des critères sur lesquels beaucoup de candidats se font éliminer, alors qu'il est largement sous-estimé dans la préparation. Les experts d'Unitec soulignent que la stratégie en propriété industrielle notamment les brevets ou licences d'exploitation issus de travaux de la recherche publique constitue souvent un avantage fortement différenciateur par rapport à la concurrence. Le jury vérifie systématiquement que tu maîtrises tes droits et que tu peux exploiter librement ta technologie sans risque de contentieux.

Avant de déposer ton dossier, il est donc indispensable d'avoir réalisé une analyse de liberté d'exploitation, d'avoir initié les démarches de dépôt de brevets si ta technologie le justifie, et d'avoir clarifié les droits avec ton laboratoire d'origine si ton projet est issu d'une recherche publique.

La préparation à l'oral est décisive

Pour les dossiers qui passent la première sélection, l'oral devant le jury final est souvent ce qui va faire basculer la décision. Les structures d'accompagnement qui affichent les meilleurs taux de succès chez i-Lab organisent systématiquement des oraux blancs avec leurs candidats, mobilisant des experts sectoriels pour simuler les conditions réelles du jury. Cette préparation permet de travailler la posture, d'anticiper les questions difficiles, et de s'entraîner à défendre son projet avec conviction sans se perdre dans les détails techniques.

Un conseil revient souvent chez les lauréats : pendant l'oral, tu ne présentes pas une technologie, tu présentes une vision et une équipe capable de l'exécuter. Le jury est composé d'entrepreneurs, d'investisseurs et de professionnels de l'accompagnement pas uniquement de scientifiques. Ils investissent autant dans les hommes et les femmes que dans la technologie.

Thomas Baignères, CEO d'Olvid (messagerie sécurisée, lauréat i-Lab 2020), résume bien l'impact du financement : grâce à i-Lab, son équipe a pu passer d'un prototype à une première version de l'application utilisable par tous, une opportunité qui leur a réellement permis de mettre de la deeptech entre les mains du plus grand nombre.

Source : enseignementsup-recherche.gouv.fr

 

Les erreurs qui font échouer les meilleurs projets

Documenter les erreurs est souvent plus instructif que lister les bonnes pratiques. Voici les pièges les plus fréquents, tirés des retours d'experts en accompagnement à l'innovation.

Confondre innovation technologique et innovation de rupture

i-Lab est un concours deeptech. Cela veut dire qu'il ne finance pas des applications mobiles classiques, des plateformes SaaS ordinaires ou des innovations incrémentales. Il cible des projets qui mobilisent des compétences scientifiques et technologiques rares, qui s'appuient sur des travaux R&D substantiels, et dont la mise sur le marché implique de lever des verrous technologiques réels. Un projet qui propose une meilleure UX sur un service existant n'a pas sa place ici, aussi brillant soit-il commercialement.

Avant de candidater, pose-toi cette question honnêtement : ton projet nécessite-t-il de résoudre des problèmes scientifiques ou techniques que personne n'a encore résolus ? Si la réponse n'est pas un oui franc, oriente-toi plutôt vers i-Nov ou d'autres dispositifs du plan France 2030.

Négliger la plateforme PICXEL et la forme du dossier

Bpifrance impose l'utilisation du dossier de candidature officiel téléchargeable sur son site, et le dépôt exclusif via la plateforme PICXEL. De nombreuses informations doivent être saisies directement sur la plateforme, ce qui demande du temps et de la technique. Des dossiers parfaitement rédigés ont été recalés uniquement parce que le candidat avait mal anticipé les contraintes techniques de la plateforme ou avait utilisé un modèle de dossier non conforme.

Le site de Bpifrance précise explicitement : "De nombreuses informations sont à renseigner directement sur la plateforme PICXEL, pensez à bien anticiper votre candidature par rapport à la date de la relève visée." Ce n'est pas un avertissement anodin. Prends le temps de tester PICXEL plusieurs semaines avant la date limite.

Sous-estimer la dimension ESG

La prise en compte des impacts environnementaux et sociétaux n'est plus optionnelle dans l'évaluation i-Lab. Le jury attend que tu démontres des impacts environnementaux et sociaux positifs ainsi que des critères de durabilité intégrés dans la conception et la mise en œuvre du projet. Ce n'est pas une case à cocher superficiellement : les évaluateurs savent repérer les réponses génériques et vides de substance. Ton analyse d'impact doit être spécifique à ton secteur, quantifiée si possible, et cohérente avec la réalité de ta technologie.

Présenter une équipe incomplète ou déséquilibrée

Le jury évalue autant l'équipe que le projet. Une technologie révolutionnaire portée par un candidat solo sans expérience entrepreneuriale ni compétences business sera perçue comme un risque trop élevé. L'idéal est de présenter une équipe complémentaire combinant expertise scientifique ou technique, compétences en développement business, et si possible une expérience dans la création d'entreprise. Si ton équipe est incomplète au moment du dépôt, sois transparent sur tes plans de recrutement et montre que tu as identifié les profils manquants.

Ne pas ancrer son projet dans une stratégie de financement globale

i-Lab n'est pas un bout du chemin, c'est un point de départ. Les lauréats qui tirent le meilleur parti de ce dispositif sont ceux qui ont pensé leur candidature dans le cadre d'une stratégie de financement plus large. La labellisation i-Lab est en effet un signal fort pour les investisseurs privés et crée un effet de levier réel pour lever des fonds complémentaires en capital-risque. Des experts de l'accompagnement rappellent que le prix i-Lab permet souvent de se faire connaître auprès d'investisseurs privés ou de partenaires financiers, générant un effet de levier pour obtenir d'autres financements.

Sources : unitec.fr ; btdconsulting.fr ; bpifrance.fr

 

Meilleures pratiques pour tout appel à projets France 2030

Au-delà d'i-Lab, les enseignements tirés des lauréats de plusieurs années d'appels à projets France 2030 convergent vers un ensemble de principes universellement valables, que tu candidates à i-Démo, à l'AAP Première Usine, aux appels à projets régionalisés ou à tout autre dispositif national.

Lire le cahier des charges comme un texte sacré

Chaque appel à projets publie un cahier des charges détaillé. Ce document n'est pas un formulaire administratif ennuyeux : c'est la feuille de route du jury. Chaque terme employé, chaque critère listé, chaque thématique prioritaire mentionnée doit se retrouver dans ton dossier avec une réponse précise. Les porteurs de projets qui réussissent le mieux sont ceux qui ont lu le cahier des charges au moins trois fois, qui ont listé tous les critères d'évaluation, et qui ont vérifié point par point que leur dossier y répond explicitement.

Un conseil pratique : crée un tableau récapitulatif avec toutes les exigences du cahier des charges dans une colonne, et dans la colonne d'en face, la section de ton dossier qui y répond. Si une ligne reste vide, c'est un trou dans ta candidature.

Se faire accompagner par les bons acteurs

Le plan France 2030 a généré un écosystème d'accompagnement riche et varié. Les équipes régionales de Bpifrance sont accessibles et constituent un premier point de contact précieux pour valider l'adéquation de ton projet avec le cahier des charges. Les pôles de compétitivité, les incubateurs de la recherche publique (SATT, incubateurs universitaires), les chambres de commerce et les agences régionales de développement économique proposent également des accompagnements spécialisés.

Pour les projets à fort enjeu, faire appel à un conseil externe spécialisé dans les aides à l'innovation (comme les cabinets cités dans cet article) peut représenter un investissement rentable : leur connaissance des attentes des jurys, leur expérience dans la rédaction des dossiers et leur réseau peuvent significativement augmenter tes chances de succès.

Valoriser l'ancrage territorial et les partenariats

France 2030, dans sa déclinaison régionalisée, attache une importance particulière à l'ancrage territorial des projets. Les projets qui s'inscrivent dans les filières prioritaires de leur région (définies par les stratégies régionales d'innovation RIS3), qui créent des emplois locaux, et qui s'appuient sur des partenariats avec des acteurs de l'écosystème régional (laboratoires, écoles d'ingénieurs, industriels locaux) sont systématiquement mieux valorisés. Une lettre de soutien d'un pôle de compétitivité ou d'un laboratoire reconnu peut faire une vraie différence.

Documenter tes résultats et faire vivre ta candidature

Un excellent dossier ne s'écrit pas en une semaine. Il se construit progressivement à mesure que tu accumules des résultats, des données, des validations de marché et des preuves de concept. La meilleure approche est donc de traiter la préparation d'un dossier d'appel à projets comme un projet en soi, avec un rétroplanning, des jalons intermédiaires, et une documentation systématique de tes avancées. Chaque expérience réussie, chaque partenariat signé, chaque résultat expérimental significatif vient renforcer la crédibilité de ta candidature.

Un principe clé partagé par tous les experts en financement de l'innovation : les financements publics ne viennent pas financer des rêves, ils viennent financer des projets qui ont déjà démontré leur sérieux. Plus tu arrives avec des preuves tangibles, plus tu donnes confiance au jury.

 

Ce qui change en 2026 : les nouvelles priorités à intégrer dans ton dossier

L'écosystème des appels à projets évolue chaque année, et 2026 apporte son lot de signaux nouveaux qu'un candidat avisé doit intégrer dans sa stratégie.

L'intelligence artificielle comme priorité transversale

Le Sommet pour l'action sur l'IA, organisé à Paris en février 2025, a marqué un tournant dans la politique d'innovation française. Dans sa foulée, le gouvernement a lancé un appel à projets spécifique intitulé "Pionniers de l'intelligence artificielle", qui soutient des projets de R&D proposant des innovations de rupture en IA dans des domaines stratégiques. Même si ton projet n'est pas un projet IA à proprement parler, intégrer une dimension IA  que ce soit pour l'optimisation de tes process R&D, l'analyse de données expérimentales ou la personnalisation de ton offre est désormais un vrai plus dans l'évaluation.

Source : enseignementsup-recherche.gouv.fr/france-2030-lancement-pionniers-intelligence-artificielle

La souveraineté industrielle et technologique comme fil rouge

Les jurys des appels à projets France 2030 scrutent de plus en plus la contribution des projets à la souveraineté industrielle et technologique de la France. Dans un contexte géopolitique marqué par les tensions sur les chaînes d'approvisionnement et la dépendance technologique, les projets qui contribuent à relocaliser des capacités de production, à réduire des dépendances critiques ou à créer des capacités technologiques souveraines dans des secteurs stratégiques sont particulièrement valorisés.

La durabilité environnementale : des mots aux actes

France 2030 s'est engagé à consacrer 50 % de ses dépenses à la décarbonation de l'économie et à ne soutenir que des projets respectant le principe DNSH (Do No Significant Harm). Concrètement, cela se traduit par une exigence croissante de quantification des impacts environnementaux positifs et d'analyse des risques environnementaux négatifs. Il ne s'agit plus de simplement affirmer que ton projet est "durable" : tu dois démontrer, avec des indicateurs précis, en quoi ton innovation contribue à la transition écologique de son secteur.

 

En résumé

Ce blog a couvert les points essentiels pour comprendre le paysage des appels à projets innovation en France et maximiser tes chances de succès, qu'il s'agisse d'i-Lab 2026 ou de tout autre dispositif France 2030.

→ Le plan France 2030 représente 54 milliards d'euros d'investissement public dans l'innovation, opérés via un continuum de dispositifs (i-PhD, i-Lab, i-Démo, i-Nov) couvrant tous les stades de maturité, du doctorant entrepreneur jusqu'à la démonstration industrielle.

→ i-Lab 2026 (28e édition) est le concours phare pour les startups deeptech et les porteurs de projets technologiques. Il offre jusqu'à 600 000 € de subvention directe pour des dépenses R&D plafonnées à 1 million d'euros, et s'adresse aux entreprises de moins de deux ans ou aux porteurs individuels en projet de création.

→ Les lauréats se distinguent par l'anticipation : ils commencent leur préparation plusieurs mois à l'avance, construisent un dossier cohérent sur toutes les dimensions (tech, business, PI, équipe, impact ESG), et se font accompagner par des experts qui connaissent les attentes précises des jurys.

→ Les erreurs qui font échouer les meilleurs projets sont souvent non pas technologiques mais méthodologiques : dossier déposé à la dernière minute, stratégie PI négligée, dimension ESG bâclée, équipe incomplète, ou mauvais positionnement dans le dispositif.

→ En 2026, trois tendances de fond à intégrer dans tous les dossiers : l'IA comme priorité transversale, la contribution à la souveraineté industrielle française, et la démonstration quantifiée de l'impact environnemental positif.

→ Se faire accompagner par les équipes de Bpifrance, les pôles de compétitivité et les structures spécialisées en conseil innovation reste l'un des leviers les plus efficaces pour maximiser tes chances de décrocher une labellisation qui fera effet de levier sur l'ensemble de ton financement.

 

©Droits d'auteur. Tous droits réservés.

 

Suivez toute l'actualité des financements sur nos réseaux sociaux 

Nous avons besoin de votre consentement pour charger les traductions

Nous utilisons un service tiers pour traduire le contenu du site web qui peut collecter des données sur votre activité. Veuillez consulter les détails dans la politique de confidentialité et accepter le service pour voir les traductions.